Le Président Tebboune : Des questions nationales et internationales d’importance évoquées avec des médias nationaux

Alger – Le président de la République, chef suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale, M. Abdelmadjid Tebboune, a accordé, lundi 01 mars 2012, dans le cadre de ses rencontres périodiques régulières avec la presse nationale, une entrevue à des responsables de médias nationaux, lors de laquelle il a abordé nombre de questions nationales et régionales.
Lors de cet entretien, le Président de la République a notamment appelé au changement des mentalités pour qu’on puisse construire « une Algérie nouvelle », soulignant que « les changements sociétaux entrainent des changements institutionnels », tout en mettant en garde contre les velléités de certaines parties visant à bloquer le changement souhaité par « une contrerévolution ».
Il a également rappelé la satisfaction, pour la plupart, des revendications du Hirak authentique qui appelait à « un changement institutionnel », affirmant ne ressentir aucune inquiétude quant aux dernières marches dans certaines villes, pendant lesquelles le peuple algérien est sorti pour « rappeler les mêmes revendications » exprimées depuis deux ans.
« Le régime algérien est bien défini aujourd’hui. Le peuple algérien est sorti dans les rues et nous avons réalisé ses revendications. Le peuple a choisi les élections et préféré un changement institutionnel », a fait savoir le Président Tebboune, assurant que « quelles que soient les revendications, pour moi ceux qui se sont rendus aux urnes lors de la présidentielle pour sauver la République sont 10 millions d’Algériens ».
D’autre part, le chef de l’Etat a affirmé que l’Armée nationale populaire (ANP) « a atteint un niveau de professionnalisme qui la tient à l’écart de la politique. C’est une armée disciplinée qui applique les instructions du Président de la République, Chef suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale ».
« L’ANP est mon plus fort soutien. Elle protège la patrie, la Constitution et les frontières, et sans elle, les terroristes auraient pu infiltrer les marches populaires », a soutenu le Président Tebboune, expliquant que « ce sont l’Armée et les services de la sécurité qui veillent à protéger le peuple pour qu’il puisse s’exprimer librement ».
M. Tebboune a aussi nié avoir un conflit avec l’institution militaire, affirmant qu’il ne décevra pas le peuple qui a placé sa confiance en sa personne. Il a également précisé que ces rumeurs avaient pour source des sites électroniques dans un pays voisin diffusant depuis l’Europe.
Evoquant le dernier remaniement ministériel partiel, le chef de l’Etat a rappelé qu’il n’a pas voulu opérer un changement total du Gouvernement « par respect au peuple », ajoutant qu’un changement profond du Gouvernement interviendra après les prochaines élections législatives, « en fonction de l’issue de ces échéances ». Et de rappeler entre autres que le remaniement ministériel partiel a ciblé certains secteurs dont les actions « n’ont pas donné les résultats escomptés sur le terrain, notamment en ce qui a trait à la vie quotidienne des citoyens ».
Concernant les prochaines échéances, le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune n’a pas écarté l’éventualité d’organiser les élections législatives et locales à la même date, estimant qu’il s’agit d’une « revendication légitime » de la classe politique.
Evoquant la grâce présidentielle décrétée dernièrement au profit de certains détenus, le chef de l’Etat a indiqué que cette décision « a été prise en position de force », partant du principe de « la promotion du pardon », ajoutant qu’ »il fallait prendre des décisions à l’encontre de ceux qui ont été placés en détention avant la Présidentielle de 2019″.
Il a estimé dans ce sillage que « le nombre des détenus d’opinion ne dépasse pas deux ou trois, alors que la majorité des personnes libérées sont inculpés pour diffamation et outrage à l’encontre des institutions », appelant tous ceux qui veulent prendre part à la gestion des affaires du pays à participer aux prochaines échéances.
Il a en outre assuré que les prochaines élections « ne ressembleront en rien à celles du passé », lesquelles, a-t-il dit, seront organisées loin de « l’argent, sale ou pas », estimant que le taux de participation « n’aura aucun impact sur les résultats de ces élections étant donné que de telles échéances ne réalisent pas de forts taux de participation à travers le monde ».
Indiquant que l’argent sale « ronge encore la société et dont l’ampleur sera révélé au grand jour grâce aux investigations », le Président de la République a mis en garde contre « une contrerévolution qui recourt à l’argent sale et à des personnes en connivence avec d’autres qui sont détenues », jurant qu’ils « payeront le prix cher » pour leurs actes.
Evoquant l’élection du président du Conseil de la nation, M. Tebboune a précisé qu’en sa qualité de Président de la République, il ne pouvait s’ingérer dans les affaires d’une instance législative, ajoutant qu’il croit en « les équilibres naturels », tandis que « les équilibres artificiels ne durent pas ».
Par ailleurs, il a mis l’accent sur l’impératif de rationnaliser les dépenses et d’encourager la production et l’investissement nationaux afin de relancer l’économie nationale et d’assurer au pays une situation financière confortable.
M. Tebboune, a affirmé que les réserves de change, qui étaient de 60 milliards de dollars, ont baissé pour se situer actuellement entre 42 et 43 milliards, du fait de la facture des importations et de la baisse des revenus pétroliers.
Affirmant que l’Algérie n’est pas dans une situation d’aisance financière, le président de la République a toutefois rassuré que le pays est en mesure de faire face à ses besoins grâce notamment à la politique de régulation des importations.
En réponse à une question sur le projet du nouveau Code de l’investissement, le Président Tebboune a indiqué que la première mouture « n’a pas encore été présentée, ni au Gouvernement, ni au Conseil des ministres », soulignant que la nouvelle politique de l’investissement « repose sur la suppression de tout ce qui a trait à l’idéologie pour ne maintenir que les aspects purement économiques ».
Concernant les relations entre l’Algérie et la France, le Président de la République, a affirmé qu’elles étaient « bonnes » loin du complexe d’ancien colonisateur, soulignant l’existence de lobbies en France qui cherchent à saper ces relations.
A une question sur le dossier de la Mémoire, le Président Tebboune a fait remarquer que « les bonnes relations de l’Algérie ne sauraient être au détriment de l’Histoire ou de la mémoire ».
Sur le volet international, le chef de l’Etat a soutenu que l’Algérie entretenait d’excellentes relations avec les Etats-Unis, l’Union européenne et avec les pays frères du Golfe, et ce en dépit parfois des divergences dans les vues.
« L’Algérie est une force de frappe en Afrique. Notre armée est forte et nous préserverons notre prolongement stratégique en Afrique ou ailleurs », a-t-il soutenu, soulignant que l’ANP « ne sera pas envoyée à l’étranger », notre mission étant d’ »aider nos voisins à surmonter les étapes difficiles et les crises qu’ils traversent « .
Réitérant la position de l’Algérie vis-à-vis de la cause sahraouie, le Président Tebboune a assuré que l’Algérie « n’abandonnera pas la question du Sahara occidental ».
Pour ce qui est du Sommet arabe qui devait se tenir à Alger en 2020, il a souligné que ce « Sommet est reporté jusqu’à la fin de la pandémie ».

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